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 Mercredi 20 Août 2008

 

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Groupe Revue Fiduciaire

RF Paye - N° 157
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Contrats aidés

Contrat d'avenir et d'accompagnement dans l'emploi

Les exonérations des contrats aidés du secteur non lucratif

Les contrats d'accompagnement dans l'emploi et les contrats d'avenir ouvrent droit à une exonération de cotisations patronales de sécurité sociale. Mais cette exonération ne porte que sur une fraction de la rémunération du salarié, étroitement liée au nombre d'heures travaillées.

Temps de travail

Contrat d'accompagnement dans l'emploi (CAE). Le contrat d'accompagnement dans l'emploi peut être à temps complet ou à temps partiel.

Dans ce cas, la durée du travail doit être d'au moins 20 h hebdomadaires (une durée inférieure peut être prévue pour répondre aux éventuelles difficultés importantes de la personne embauchée) (c. trav. art. L. 322-4-7).

Contrat d'avenir. La durée de travail hebdomadaire est en principe de 26 h.

Il est cependant possible de prévoir une « modulation » dans le contrat (c. trav. art. R. 322-17-6), à savoir que la durée hebdomadaire ou mensuelle puisse varier sur tout ou partie de la période couverte par le contrat, dans la limite d'un tiers de cette durée, à condition de :

- ne jamais excéder la durée légale de 35 h par semaine,

- et ne pas dépasser en moyenne 26 h sur toute la période du contrat.

Si l'employeur utilise cette possibilité de modulation, la rémunération doit être lissée sur une base de 26 h hebdomadaires.

Par ailleurs, quand l'employeur qui signe le contrat d'avenir est un atelier, un chantier d'insertion ou encore une entreprise d'insertion, la durée hebdomadaire de travail peut être comprise entre 20 h et 26 h.

Les exonérations de cotisations patronales

L'employeur est exonéré des cotisations patronales de sécurité sociale (assurance maladie, assurance vieillesse, allocations familiales, accidents du travail) sur une partie de la rémunération seulement.

Pour le CAE. L'exonération s'applique sur la fraction de rémunération égale au produit du SMIC par le nombre d'heures rémunérées, dans la limite de la durée légale du travail calculée sur le mois ou, si elle est inférieure, de la durée conventionnelle (c. trav. art. R. 322-16, IV).

Pour le contrat d'avenir. La rémunération est exonérée de cotisations patronales de sécurité sociale dans la limite du SMIC rapporté à la durée mensuelle correspondant à 26 h hebdomadaires (112,67 h) (c. trav. art. R. 322-17-12).

Dans les cas où l'horaire contractuel est compris entre 20 h et 26 h hebdomadaires, la limite d'exonération se calcule par rapport à l'horaire convenu.

Activité incomplète en cours de mois. Il s'agit soit des cas d'embauche ou de fin de contrat en cours de mois, soit des suspensions du contrat sans maintien de rémunération. Dans cette hypothèse, le nombre d'heures à prendre en compte pour le calcul de l'exonération correspond à la durée mensuelle du travail, rapportée au temps de présence du salarié.

En pratique, ce nombre d'heures s'obtient en multipliant la durée mensuelle de travail par le rapport entre le temps de présence réel du salarié sur le mois et la durée de travail que le salarié aurait effectuée en étant présent tout le mois.

Absence avec maintien total ou partiel de salaire. Dans ces hyptohèses (ex. : arrêt maladie avec maintien de salaire sous déduction des IJSS), le nombre d'heures rémunérées pour calculer la fraction de rémunération exonérée est égal au nombre d'heures que le salarié aurait effectuées s'il avait continué à travailler, multiplié par le pourcentage de rémunération brute soumise à cotisations restée à la charge de l'employeur (en pratique, il faut procéder comme pour la réduction Fillon).

Autres exonérations. La rémunération du salarié est exonérée, mais cette fois en totalité, de taxe d'apprentissage, de taxe sur les salaires et de participation à l'effort de construction.

(lettre-circ. ACOSS 2006-90 du 4 août 2006 et 2006-112 du 11 octobre 2006)

Contrat d'accompagnement dans l'emploi et contrat d'avenir : exemples chiffrés de fractions de rémunération exonérée

1) Salarié embauché pour 26 heures hebdomadaires présent tout le mois :

Un salarié, à son poste tout le mois, travaille 26 heures hebdomadaires dans le cadre d'un contrat d'accompagnement dans l'emploi ou d'un contrat d'avenir. Il perçoit une rémunération égale à 1,3 SMIC.

Sa rémunération mensuelle brute est égale à 8,27 € X 1,3 X 26 h X 52/12 = 1 211,28 €.

La fraction de rémunération exonérée est de 8,27 € X 26 h X 52/12= 931,75 €.

2) Salarié absent en cours de mois, avec maintien total ou partiel du salaire :

Un salarié embauché pour 26 heures hebdomadaires est rémunéré sur la base du SMIC. Sa rémunération mensuelle brute habituelle est de 8,27 € X 26 h X 52/12 = 931,75 €.

Son horaire est supposé équitablement réparti sur les 5 jours ouvrés de la semaine. Absent pour maladie pendant 8 jours ouvrés (soit 10 jours calendaires) au cours d'un mois comptant 22 jours ouvrés, il perçoit des IJSS à l'issue d'un délai de carence de 3 jours.

La rémunération versée au titre de la période travaillée est égale à 931,75 € X 14/22 jours = 592,93 €.

Les indemnités journalières de sécurité sociale (7 jours calendaires après déduction des 3 jours de carence) sont égales à 931,75 € X (3/90) X 50 % X 7 = 108,70 €.

L'employeur pratique le maintien de salaire brut sous déduction des IJSS. Le maintien de salaire demeuré à la charge de l'employeur et soumis à cotisations est égal à 931,75 € - 592,93 € - 108,70 € = 230,12 €.

La rémunération brute soumise à cotisations du mois, en tenant compte des périodes de travail et des périodes de maladie, est égale à 230,12 € + 592,93 € = 823,05 €.

Le nombre d'heures à retenir pour l'exonération est de : 26 h X 52/12 X 823,05 €/931,75 € = 99,52 h.

La fraction de rémunération exonérée est de : 8,27 € X 99,52 h = 823,03 €.

3) Salarié embauché en cours de mois :

Un salarié est embauché en cours de mois pour 26 heures hebdomadaires, sur un salaire de base de 1,1 SMIC. Il travaille 10 des 22 jours ouvrés que comporte le mois.

Sa rémunération mensuelle brute pour un mois complet est de 8,27 € X 1,1 X 26 X 52/12 = 1 024,93 €. Au titre de sa présence sur 10 jours, il perçoit par hypothèse 1 024,93 € X 10/22 = 465,88 €.

Le nombre d'heures à retenir pour l'exonération est de 26 h X 52/12 X 10/22 jours = 51,21 h.

La fraction de rémunération exonérée est de 8,27 € X 51,21 = 423,51 €.

4) Salarié percevant une prime :

Embauché sous contrat d'avenir par une entreprise d'insertion, un salarié est assujetti à un horaire de travail de 20 heures hebdomadaires. Il est rémunéré sur la base de 1,2 SMIC auquel s'ajoute une prime mensuelle de 300 €.

Sa rémunération mensuelle brute est de (8,27 € X 1,2 X 20 h X 52/12) + 300 € = 1 160,08 €.

La fraction de rémunération exonérée est de 8,27 € X 20 X 52/12 = 716,73 €.

5) Salarié en CAE à temps plein et effectuant des heures supplémentaires :

Un salarié, embauché à temps complet dans une association qui applique une durée collective hebdomadaire de 35 heures sur 5 jours, est rémunéré sur la base de 1,3 SMIC. Il effectue au cours d'un mois 11 heures supplémentaires ouvrant droit à une majoration de salaire de 25 %. La rémunération mensuelle brute soumise à cotisations sur le mois est de : (1,3 X 8,27 € X 35 h X 52/12) + (11 h X 1,3 X 8,27 € X 125 %) = 1 778,40 €.

La fraction de rémunération exonérée est calculée sur un nombre d'heures égal au plus à la durée légale du travail. En conséquence, les heures supplémentaires que le salarié a effectuées ne sont pas prises en compte dans ce calcul.

La fraction de rémunération exonérée est donc de : 8,27 € X 35 X 52/12 = 1 254,28 €.



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Article paru le 02/2007

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