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Départ d’un senior en cumul emploi-retraite : 2e indemnité ?

Si nous embauchons un senior en cumul emploi-retraite, devrons-nous lui verser une seconde indemnité de départ en retraite lorsqu'il quittera l'entreprise ?

Embauche en cumul emploi-retraite

Le cumul entre un emploi et une pension de retraite est possible, mais sous conditions. Une fois embauché, le senior a le même statut que les autres salariés de l'entreprise.

Cumul emploi-retraite total.

Le salarié bénéficie du cumul emploi libéralisé (« total ») lorsque le cumul de sa pension de retraite et des revenus d’activité reprise ou poursuivie se fait sans restriction, ce qui suppose qu'il a (c. séc. soc. art. L. 161-22, al. 4 à 7) :

-liquidé toutes ses pensions obligatoires de retraite (base et complémentaire) ;

-et atteint soit l’âge du taux plein automatique (67 ans), soit l’âge légal avec dans ce cas la durée d’assurance requise pour liquider sa pension au taux plein.

Cumul emploi-retraite partiel.

Si le salarié ne remplit pas les conditions ci-dessus, le cumul de sa retraite et des revenus d’activité est « partiel » (on dit aussi « plafonné »).

Pour ce qui concerne la retraite « sécurité sociale », un délai d’attente de 6 mois en cas de reprise chez le dernier employeur doit être respecté ainsi qu'un plafond de cumul (dernier salaire d’activité ou 160 % du SMIC). À défaut, la pension de retraite est diminuée à concurrence du dépassement (c. séc. soc. art. L. 161-22, al. 2). Un décret peut lever temporairement ces restrictions pour certains salariés en cas de circonstances exceptionnelles (c. séc. soc. art. L. 161-22-1-4).

Seconde pension sous conditions.

Depuis le 1er septembre 2023, le salarié en cumul emploi-retraite total peut acquérir des droits à une 2e pension « sécurité sociale » sur l’activité poursuivie ou reprise. Si la reprise d'activité a lieu chez le dernier employeur, elle doit intervenir au plus tôt 6 mois après la liquidation de la pension de retraite (c. séc. soc. art. L. 161-22-1, 2°).

Dans le régime AGIRC-ARRCO, le senior acquiert des droits sur la tranche 1 (ANI AGIRC-ARRCO du 5 octobre 2023).

Reprise d'ancienneté ?

En principe, le salarié ayant quitté l’entreprise avant d’être réembauché perd l’ancienneté acquise au service de l’employeur. Il est toutefois possible de prévoir une reprise totale ou partielle de l’ancienneté dans le contrat de travail de réembauche, notamment pour le calcul de certains éléments de rémunération (ex. : prime d’ancienneté).

Quelles sommes verser à la rupture du contrat ?

Rupture du contrat.

Le contrat du senior peut être rompu aux conditions habituelles (démission, licenciement, etc.). Toutefois, la mise à la retraite ne peut pas être utilisée pour un salarié qui, lors de son embauche, avait déjà atteint l’âge permettant une mise à la retraite sans son accord (70 ans) (cass. soc. 17 avril 2019, n° 17-29017 FSPB).

Sommes habituelles.

La rupture du contrat de travail donne lieu au versement des sommes habituelles (solde de congés payés s'il y a lieu, indemnité de licenciement si le salarié est licencié, etc.).

Pas de 2e indemnité de départ en retraite.

La loi du 14 avril 2023 a expressément prévu qu'un salarié ne peut bénéficier que d’une seule indemnité de départ volontaire ou de mise à la retraite. Celle-ci est attribuée lors de la première liquidation complète de la retraite (c. trav. art. L. 1237-7 et L. 1237-9).

Concrètement, l'employeur qui (ré)embauche un salarié en cumul emploi-retraite, y compris total, n'aura pas à lui verser de nouvelle indemnité lorsqu'il quittera l'entreprise.

Parution: 02/2024
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